Archives juin 2008

Gelato à la pistache

Gelato à la pistache

En matière de glaces, je suis tellement prévisible que c’en est désespérant.

A partir du moment où un glacier ou une gelateria propose chocolat noir, pistache, et/ou yaourt, les autres parfums pourraient aussi bien ne pas exister : je ne les vois pas.

Je fais quand même semblant d’hésiter un peu (je me frotte la tempe et je me mordille la lèvre inférieure en émettant un léger mmmm), histoire de laisser à ceux qui m’accompagnent le temps de faire leur choix, et aussi parce que j’aime à penser que peut-être, un jour, moi aussi après tout, je commanderai une boule de glace rhum-raisins et une boule de sorbet pastèque, mais personne n’est dupe. Le chocolat noir, la pistache et le yaourt sont les trois pieds de mon tabouret glacier.

Cela dit, pour ce qui est des glaces maison, mon altruisme légendaire et les règles élémentaires de l’harmonie conjugale m’incitent à prendre en compte les goûts des gens que j’aime, en plus des miens. C’est pourquoi, jusqu’ici, à part ce sorbet au chocolat noir d’anthologie, j’essaie de ne pas me laisser aller complètement dans le sens de mes obsessions, parce que sinon, on sait bien comment ça se finit : je me retrouve à tout manger toute seule, comme l’illustre brillamment le cas du sorbet chocolat supra.

Mais il se trouve que j’ai acheté il y a peu un sac de pistaches décortiquées qui avaient particulièrement bonne mine, et vraiment, l’occasion était trop belle : je n’allais pas résister longtemps à la tentation de la glace à l’italienne. Je me suis tournée vers mon éternel mentor, et bien que son livre ne contienne pas de recette de gelato à la pistache, il en donnait une sur son blog.

C’est une recette de glace sans oeufs, dans laquelle la fécule de maïs sert d’épaississant (un peu comme dans la recette de crème anglaise inratable de ma mère). Elle est si facile à réaliser (voir la démonstration vidéo sur le site du New York Times) que je ne manquerai pas de réutiliser la méthode de base à l’avenir, pour les glaces qui peuvent se passer de cette impression de richesse en bouche que donnent les jaunes d’oeuf.

En revanche, la recette de David utilise de la crème de pistache de Sicile, et ça, bien sûr, je n’en avais pas sous le coude. Mais pour autant que je puisse en juger vu d’ici, cette crème n’est ni plus ni moins qu’un mélange de pistaches et de sucre, donc j’ai modifié la recette pour utiliser de simples pistaches et du sirop d’agave, en improvisant un peu sur les quantités, à l’instinct.

J’ai aussi ajouté un peu de limoncello, cette liqueur de citron italienne, afin de réhausser la saveur de la pistache, et pour rendre la glace plus souple et plus facile à servir.

Je suis absolument enchantée par cette glace vert pale, dans laquelle j’ai laissé les petits morceaux de pistache qui lui donnent une texture un peu granuleuse et font, à mon sens, tout son charme. Et à ma grande satisfaction, je ne suis pas la seule à la plébisciter : mes parents, qui étaient venus dîner, s’en sont régalés, et Maxence a déclaré devant témoins que c’était la meilleure glace à la pistache qu’il ait jamais mangée, ce qui me va droit au coeur — même de la part de quelqu’un qui prend invariablement mangue et noix de coco.

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Cabas réutilisables : mode d’emploi

Sacs réutilisables

Les supermarchés parisiens ne donnent plus de sacs en plastique gratuits depuis l’année dernière : soit vous apportez votre propre sac, soit vous achetez un grand cabas réutilisable, soit vous achetez un petit sac en plastique si vraiment c’est vraiment ça que vous voulez vraiment.

Contrairement à ce qui est écrit sur leur site et qui n’engage que leur service marketing, les cabas qui sont vendus aux caisses de mon supermarché sont laids. Je reconnais néanmoins qu’ils sont solides et qu’ils ont une grande contenance, ce qui les rend bien pratiques quand on a beaucoup de choses à acheter ou, d’une façon générale, beaucoup de choses à transporter, comme par exemple quand il faut descendre des vieux trucs à la cave.

Mais pour le reste de mes courses, lorsque je vais chez les commerçants de mon quartier, ou pour les achats impromptus que je fais ici ou là, je garde dans mon sac à main un petit cabas escamotable.

En réalité, j’en ai deux. Le premier est un sac chocolat de chez Monoprix, vendu avec un petit pochon à scratch dans lequel on le range, soigneusement plié ou en bouchon, c’est selon. Le second est un sac flip & tumble bleu azur créé par deux jeunes femmes fraîchement diplomées d’une formation en design à l’université de Stanford en Californie, oui madame. Celui-là est un peu plus futé, puisqu’il se roule en boule et s’emballe dans la poche intérieure prévue à cet effet, ce qui n’est pas sans me rappeler mes années k-way.

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Gâteau banane pécan, glaçage au sirop d’érable

Gâteau banane pécan, glaçage au sirop d'érable

Parmi toutes les belles choses que ce blog m’a apportées, je citerai celle-ci : je compte maintenant parmi mes amis une poignée d’auteurs de livres de cuisine.

Au-delà de leur délicieuse compagnie et des merveilles qu’ils me préparent lorsque j’arrive à m’introduire chez eux, ce que j’apprécie, c’est qu’une fois que je les connais bien et que j’ai pu constater le mal qu’ils se donnent pour que leurs recettes soient en béton armé, je peux m’en remettre à leurs livres avec une confiance aveugle. Je sais que je suis entre de bonnes mains, et de toutes façons, il y a intérêt à ce que tout se passe bien parce que je sais où ils habitent.

J’ai rencontré Marianne Magnier-Moreno il y a presque trois ans, au deuxième anniversaire de Chocolate & Zucchini. C’est une jeune femme aux multiples talents, puisqu’elle est tout à la fois auteur, journaliste, traductrice, marchande de cheesecakes, jeune mère et la compagne d’un peintre, le cumul de tous ces mandats nécessitant des qualités rares, on s’en doute.

Et Marianne a écrit un livre formidable, intitulé La Pâtisserie (ed. Marabout). Comme son nom l’indique avec une clarté certaine, c’est un manuel de pâtisserie, mais il a la particularité de proposer ses soixante-dix recettes avec des photos pas à pas, et des instructions détaillées. L’idée des photos étape par étape n’est pas nouvelle en soi, mais je trouve qu’elle produit le plus souvent des livres rébarbatifs, alors que là, pas du tout : les photos vues du ciel et le stylisme stylé rendent l’ensemble fort agréable à regarder.

J’ai commandé ce livre très récemment, et il est déjà hérissé de post-its miniatures qui crient « essaie-moi » en japonais (j’ai acheté ces post-its chez Muji). Et comme j’avais des bananes ultra-mûres à utiliser de toute urgence l’autre jour, j’ai commencé par le banana nut bread, que j’ai choisi de recouvrir du glaçage au sirop d’érable, qui figure aussi dans le livre.

Je n’ai pas exécuté la recette du gâteau à la lettre : j’ai remplacé une partie du beurre par du beurre d’amande complet et une partie du sucre par du sirop d’agave. J’ai aussi diminué la quantité de farine, ajouté du rhum ambré, et remplacé les noix par des noix de pécan.

Ça peut paraître contradictoire avec ce que j’écrivais plus haut, quand je disais que j’aime cette impression de pouvoir suivre les recettes d’un livre les yeux fermés, donc permettez-moi de préciser ma pensée : je préfère faire les choses à ma façon, certes, mais pour pouvoir détourner ou modifier une recette, il faut qu’elle soit insubmersible au départ, sinon elle ne résistera pas au traitement.

Et comme je m’y attendais, cette recette s’est prêtée au jeu avec une aisance folle, donnant un gâteau bien moelleux, très parfumé mais pas trop sucré, ce qui laissait au divin glaçage toute la place nécessaire pour briller.

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Soupe glacée aux cosses de petits pois

Acte II de mon ode aux petits pois : une soupe glacée faite avec les cosses desdits pois, histoire de maximiser le retour sur investissement de la demi-heure qu’on a passée à l’écossage, alors qu’on aurait pu tout aussi bien l’employer à faire du hula hoop sur la Wii Fit.

Comme toutes les recettes qui donnent une seconde vie à ces petits riens mésestimés qui, en d’autres mains, finiraient dans la poubelle verte, celle-ci me ravit. Tout est bon dans le cochon ; pareil pour les petits pois.

Il suffit d’écosser les petits pois en leur retirant la tige (je recommande donc cette méthode, qui permet d’ouvrir, équeuter et effiler les cosses d’un seul geste, hop). On jette sans autre forme de procès les cosses qui sont brunies ou racornies, pour ne garder que celles qui sont en pleine forme. On les nettoie soigneusement, on les égoutte, et on les met de côté pendant qu’on se consacre aux petits pois, parce que c’est quand même pour ça qu’on est venu.

Les cosses s’étiolent assez vite, donc si vous n’êtes pas absolument certain de pouvoir faire cette soupe le jour-même ou le lendemain, le plus sage est de les congeler; ça vous évitera de vous réveiller en sueur quelques nuits plus tard en vous souvenant d’un coup que vous les avez laissées chancir dans le bac à légumes.

La recette elle-même est d’une grande simplicité — un oignon, de l’ail, du vin blanc, un peu de muscade — mais j’ai peine à imaginer une entrée en matière plus rafraîchissante que cette soupe vert militaire à la texture légère, dont la douceur élusive est appuyée par un trait de tabasco bien envoyé. Idéal pour un dîner de presqu’été.

Cosses de petits pois

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Le Moulin à sésame

Lorsque nous étions à New York le mois dernier, Maxence et moi avons déjeuné chez Ippudo, un nouveau restaurant de râmen qui fait partie d’une chaîne à succès au Japon. La déco était très classe et les râmen irréprochables, mais ce qui m’a le plus plu, c’est le moulin à sésame qui était posé sur la table, en pleine conversation avec le shôyu.

Il s’agissait d’un ustensile assez simple : un réservoir en plastique transparent rempli de graines de sésame, surmonté d’une manivelle rouge avec une ouverture tout en haut. Pour le faire fonctionner, il suffisait de mettre le moulin la tête en bas, et d’actionner la manivelle par sa toute petite poignée. Il en sortait alors, dans un bruit de froissement délicieux, une pluie dorée d’éclats de sésame grillé.

C’était la première fois que je voyais un pareil appareil, et immédiatement j’ai su qu’il me le fallait, ce petit chaperon rouge japonais.

Parce que nous nous trouvions en Amérique, où tout est possible, nous avons demandé au personnel du restaurant si nous pouvions par hasard leur en acheter un. Mais quoique manifestement divertis par ce coup de foudre improbable, ils nous ont répondu qu’à vrai dire, non. Le coeur serré, j’ai laissé Maxence me retirer le moulin des mains et le rendre à ses propriétaires légitimes.

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