Archives mars 2009

Kouglof

Kouglof

Voici la recette de brioche alsacienne qu’a bien voulu me donner Muriel, une amie de la mère de Maxence qui vit avec sa famille dans la maison de mes rêves dans le Perche, et qui m’avait déjà livré le secret de son poulet à l’étouffée il y a quelques années. C’est à l’origine la recette de kouglof de sa mère, et Muriel en fait un presque tous les weekends pour que ses filles l’emportent avec elles à Paris, où elles font leurs études pendant la semaine.

J’ai cuit le mien dans le moule à kouglof que j’ai acheté à Colmar il y a (hum, hum) quatre ans et demi, prise de l’envie subite et incoercible de posséder un moule à kouglof. Depuis, le pauvre chéri attendait son heure patiemment, en prenant la poussière au-dessus du placard de la cuisine.

Le kouglof (on écrit aussi gougelhof, kougelhof, gugelhupf, kugelhof, kugelopf, kugelhopf, etc., etc.) est une brioche qui n’est en fait ni très riche, ni très sucrée, ce qui permet de la tartiner copieusement de miel, de confiture, de beurre d’érable, de confiture de lait, de purée d’amande, de lemon curd… bref, vous voyez l’idée.

Si la pâte est traditionnellement garnie d’amandes et de raisins secs, on peut aussi décliner la formule avec d’autres fruits secs, comme l’illustre ce mini-kouglof pistache-griotte. Comme la brioche se marie bien avec les saveurs d’agrumes, on peut aussi ajouter un peu d’eau de fleur d’oranger, un zeste de citron ou d’orange finement râpé, et/ou des petits morceaux d’écorces d’agrumes confites. Et quoique cela nous éloigne encore un peu plus de la tradition, je fermerai les yeux si vous décidez d’y mettre du cacao en poudre et des pépites de chocolat.

Kouglof

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Bavette laquée au miso

Bavette laquée au miso

J’achète ma viande presque exclusivement chez Mathieu, boucher bio au marché des Batignolles. Pendant longtemps, j’y passais tous les samedis matins et je prenais de quoi faire deux ou trois repas, mais la file d’attente est devenue tellement longue — je ne suis manifestement pas la seule à avoir repéré le bon plan — que j’ai dû revoir ma stratégie. J’y vais maintenant moins souvent, j’achète un peu plus, et je congèle une partie de mes achats.

J’ai une prédilection pour les filets de canard, que je frotte d’un mélange d’épices et que je fais rôtir, le filet mignon de porc, le boudin blanc et les andouillettes, qui supportent tous bien la congélation. Mais quand parfois me vient l’envie de manger de la viande rouge, je prends de la bavette ou du merlan, que je cuisine au retour du marché.

Comme c’est de la bonne viande, je la prépare généralement très simplement, en la faisant juste griller. Mais l’autre jour, une soudaine inspiration m’a conduite à enduire les steaks d’une marinade japonisante à base de miso. C’était au moins aussi délicieux qu’enfantin, et je sens que cette recette va refaire de fréquentes apparitions à notre table du samedi midi.

Curcuma fraisSi vous parcourez la liste des ingrédients ci-dessous, vous remarquerez que j’ai utilisé du curcuma frais dans la marinade. J’en ai trouvé au rayon légumes de mon magasin bio, et même si je leur trouvais la peau un peu ridée, c’était la première fois que j’en voyais donc j’ai sauté sur l’occasion. Comme me l’a fait remarquer le jeune homme à la caisse, les rhizomes ressemblent un peu à des doigts coupés (même moi je n’aurais pas osé) et se pèlent et se râpent comme du gingembre.

Et comme pour le gingembre, la saveur du curcuma frais est bien plus éclatante que celle de son équivalent séché et moulu, auquel j’ai toujours trouvé un petit goût un peu poussiéreux. Méfiez-vous cependant : le curcuma frais est une teinture puissante qui, si vous n’y prenez pas garde, laissera des tâches jaune stabilo plus ou moins indélébiles sur votre plan de travail, le dos de votre main, votre manche, votre mixeur, votre joue gauche, et votre serviette de table préférée. Vous voilà prévenu.

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Gâteau au yaourt, érable et pomme

Apple and Maple Yogurt Cake

Il y a tout juste un an aujourd’hui, ma soeur a mis au monde un petit garçon ; le lendemain matin, Maxence et moi prenions le train pour aller les voir à l’hôpital. Je n’avais jamais tenu dans mes bras un nouveau-né si fraîchement éclos, et pendant les semaines qui ont suivi, la moindre scène vaguement émouvante dans un livre, un film, ou même dans la rue, me faisait fondre en larmes illico. J’étais la tante de quelqu’un, et pas juste une parmi d’autres : la seule et unique tante de ce bébé-là.

Cette situation privilégiée s’accompagne d’une grande responsabilité. J’ai évidemment l’intention d’être la tante super chouette, pas celle qui pique et qui sent bizarre, et ma stratégie va consister, entre autres, à proposer mes services en matière de confection de gâteau d’anniversaire. Et lorsque nous avons fêté le premier anniversaire de mon neveu avec un peu d’avance — il faut faire preuve de souplesse sur les dates quand on n’habite pas dans la même capitale — voilà le gâteau que je lui ai fait.

Il est encore un peu petit pour apprécier les gâteaux en forme de train ou de fusée de Tintin (mon père serait par contre un bon client pour ce dernier), donc j’ai préféré faire quelque chose de plus simple, adapté aux papilles d’un bébé.

J’ai suivi la recommandation de Maxence qui, de façon assez typique, faisait campagne pour un gâteau au yaourt — gâteau pour enfant s’il en est — et j’ai suivi ma recette de base à deux modifications près : je l’ai sucré au sucre d’érable, dont j’ai récemment reçu un échantillon, et je l’ai couronné de fines lamelles de pomme. Le résultat était moelleux, modérément sucré et délicatement parfumé — exactement ce que j’espérais.

Alors, qu’en a pensé le héros du jour ? Eh bien le héros du jour a choisi de s’endormir peu avant le dessert. Et comme les parents d’un enfant en bas âge rechignent généralement à le réveiller de sa sieste juste pour qu’il goûte un gâteau, les adultes l’ont entamé en son honneur. Ma soeur lui en a quand même donné une lichette un peu plus tard ce jour-là, et elle rapporte que ça lui a beaucoup plu, tout comme les cadeaux que nous avions choisi pour lui : un petit xylophone et un mille-pattes qui fait pouic.

Joyeux anniversaire Paul !

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Poicamole

Poicamole

[Caviar de petits pois à la coriandre]

Si vous êtes venus dîner chez moi récemment, il y a fort à parier que vous avez été accueillis avec un verre de blanc frais et des crackers garnis de cette tartinade vert gazon. « C’est du guacamole ? » aurez-vous peut-être demandé, et je vous aurai répondu, « Non, c’est du poicamole ! »

J’ai effectivement fait, refait et re-refait cette recette ces dernières semaines : évidemment, ce n’était pas du tout la saison des petits pois (quoique, ça ne devrait plus tarder maintenant), mais j’ai pris l’habitude de garder des petits pois surgelés sous le coude, et cette précaution rend le poicamole extrêmement rapide à préparer.

Les petits pois lui donnent leur goût un peu sucré et leur moelleux, la purée d’amande sa douceur subtile et la coriandre feuille sa fraîcheur. Tartiné sur des morceaux de crackers bio à la farine d’épeautre que je trouve au supermarché, ça donne des bouchées apéro absolument irrésistibles. (Et si j’ai de la chance et qu’il y a des restes, c’est délicieux au déjeuner, avec des carottes râpées et un oeuf mollet.)

C’est en fait une recette que j’ai développée pour le magazine ELLE à table, dans lequel je tiens une rubrique. Elle apparaît dans le numéro qui vient de sortir pour illustrer un sujet sur les points de convergence entre la parfumerie et la cuisine.

Je donne entre autres l’exemple des huiles essentielles, qui ont toujours fait partie de l’arsenal du parfumeur, et ont depuis peu fait leur entrée en version bio et comestible* dans celui du cuisinier moderne, lui permettant d’ajouter à ses plats un parfum frais et puissant d’épice, de fruit, de fleur, ou d’herbe aromatique — ici, de la coriandre feuille — d’une simple pression du compte-goutte**.

En marge de ces expérimentations, j’ai aussi fait une découverte révolutionnaire : on peut faire cuire les petits pois surgelés au rice cooker ! Dans mon modèle Seb ultra-basique qui a une bonne douzaine d’années, il suffit de verser les petits pois dans le bol, refermer le couvercle, et laisser en mode « cuisson » pendant 14 minutes, ou jusqu’à ce que la consistance soit à votre goût. Comme je n’ai pas de cuit-vapeur, je me servais jusqu’ici d’un panier en bambou posé sur une casserole d’eau bouillante, mais cette méthode est plus simple, plus rapide et, dans ma cuisine tout au moins, plus économe en énergie. (Je pense qu’on peut cuire les petits pois frais de la même façon, mais comme ils contiennent moins d’eau j’en ajouterais une larme au fond du bol.)

* La consommation d’huiles essentielles est à proscrire pour les femmes enceintes ou qui allaitent, les jeunes enfants, et les personnes qui souffrent d’allergies.
** Pour en savoir plus, vous pouvez aussi consulter le livre Cuisiner avec les huiles essentielles de Valérie Cupillard (La Plage, 2006).

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Chou sauté et poulet à la sauce piquante

Spicy Cabbage and Chicken Stir-Fry

J’ai lu récemment un recueil de nouvelles de Lara Vapnyar qui s’intitule Broccoli and Other Tales of Food and Love (brocoli et autres histoires de nourriture et d’amour). Ces six nouvelles mettent en scène des russes récemment émigrés aux Etats-Unis et dévoilent, à travers le prisme de la cuisine, comment ils s’adaptent à leur nouvelle vie. Je suis particulièrement sensible aux récits qui parlent de migrants, et peut-être aussi parce que j’aimais beaucoup les nombreux collègues russes avec lesquels je travaillais en Californie, j’ai trouvé ces nouvelles très émouvantes.

La première s’intitule A Bunch of Broccoli on the Third Shelf (une tête de brocoli sur la troisième étagère) et parle de Nina, une jeune femme qui va acheter des légumes tous les samedis matins dans les échopes russes et coréennes de Brooklyn, mais qui, pour différentes raisons, n’en fait jamais rien.

Et c’est à Nina que j’ai pensé quand j’ai pris conscience que le chou blanc que j’avais rapporté du marché il y a quelques temps déjà n’allait pas se cuisiner tout seul. Je n’avais pas réfléchi plus que ça au moment de l’achat — à part pour me dire qu’on devrait tous manger plus de bracicacées — et le malheureux se morfondait depuis lors au fond du tiroir à légumes.

Par chance, le chou blanc semble avoir été conçu pour résister à de telles situations, et il se garde très bien : les feuilles extérieures perdent un peu de leur lustre au bout d’un moment, mais il suffit de les retirer pour retrouver un chou comme neuf.

Mais il me restait quand même à trouver une façon satisfaisante de le cuisiner, et je me suis souvenue de la recette que mon amie Molly avait publiée sur son blog il y a quelques semaines, qui consiste à faire sauter du chou en fines lamelles au wok, avec de la sauce piquante et de la sauce de soja. Je n’ai pas de wok, ni la sauce sambal oelek que Molly préconise, mais par contre j’ai une poêle et de la sauce sriracha, et je me suis dit que ça ferait l’affaire.

Il se trouve que j’avais rôti un poulet la veille dans mon beau four tout neuf (qui a donc subi par la même occasion son baptême de projections de graisse). J’ai ajouté ce qui me restait de viande dans la poêle, obtenant ainsi un déjeuner des plus satisfaisants, avec un peu de sésame par-dessus parce que ça allait bien ensemble et que j’ai du mal à résister au chant de mon moulin rouge.

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