Archives août 2009

Croustilles au fromage

Croustilles au fromage

D’une façon générale, à l’apéro, je m’en tiens à des préparations relativement légères, souvent des dips végétaux d’ailleurs, que je sers avec des bâtonnets de courgette crue ou sur des rondelles de concombre. L’idée, quand les amis arrivent pour le dîner, vraisemblablement affamés, c’est d’apaiser leur faim temporairement avant de se mettre à table, et non pas de les caler jusqu’au lendemain soir.

En revanche, s’il s’agit d’un apéro dînatoire, éventuellement ponctué par un petit tournoi de SingStar, là, on peut faire plus consistant. C’est même plutôt conseillé, si on ne veut pas que lesdits amis se jetent sur le premier kebab venu en retournant vers le métro en fin de soirée.

C’est donc pour une soirée de ce type que j’ai concocté ces croustilles* au fromage, adaptées d’un livre de cuisine du sud des Etats-Unis, The Lee Bros. Southern Cookbook. A l’origine, il s’agit des cheese straws (pailles au fromage) repérées sur le blog de Deb, Smitten Kitchen, mais les pailles, ça me paraissait un peu fastidieux, alors j’ai opté pour la méthode dite slice-and-bake, technique au nom malheureusement intraduisible qui consiste simplement à faire un boudin de pâte qu’on tranche avant de cuire au four les rondelles ainsi produites.

Dans mon cas, j’ai obtenu des sortes de demi-lunes — ou plutôt des premiers quartiers de lune — parce que j’ai formé un gros boudin de pâte que j’ai ensuite coupé en deux.

Ce fut un succès indubitable : la texture est délicatement croquante au premier abord, mais devient friable sur la langue, libérant une saveur délicieusement beurrée/fromagée suivie d’un soupçon de paprika fumé. Et comme les tranches de pâte sont toutes d’épaisseurs un peu différentes — sauf si vous êtes une sorte d’androïde équipé d’un couteau — chaque croustille présente sa propre teinte de brun-doré et son propre degré de cuisson, si bien qu’il est assez difficile de s’arrêter (« allez, un petit bien cuit pour terminer, non allez, plutôt un jaune d’or en fait, mais c’est mon dernier »).

Je n’ai pas encore essayé, mais je suis à peu près sûre que la pâte doit très bien se congeler, de sorte qu’on peut en garder une réserve sous la main, à trancher et cuire en cas d’invitation impromptue.

* J’aime bien le terme « croustille » utilisé comme un nom. C’est désuet et charmant, ça fait campagne, on s’imagine grignoter ça avec un petit verre de vin de paille à la main, dans le fond du jardin, en regardant le ciel rosir.

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Muffins aux myrtilles et son d’avoine

J’ai grandi dans une famille où le goûter est un rituel fondamental, et je ne conçois pas de laisser passer une journée sans m’y adonner. D’ailleurs, je prévois la taille de mes déjeuners de telle sorte que j’aie un peu faim au creux de l’après-midi, afin de mieux apprécier la petite collation qui me permettra de tenir jusqu’au dîner.

C’est aussi l’alibi idéal pour lever le nez de mon travail, me faire une tasse de thé (ou, ces jours-ci, un verre de café frappé), et m’installer devant la fenêtre ouverte pour me rafraîchir les idées.

Le plus souvent, je mange un fruit, et plus particulièrement une pomme, bien froide du frigo et coupée en lamelles. Mais j’achète mes pommes à un producteur bio du Val de Loire, ce qui me laisse fort dépourvue entre le mois de juin, une fois qu’il a écoulé ses dernières pommes de garde, un peu frippées mais bien sucrées, et le mois de septembre, lorsqu’il revient avec la nouvelle récolte, qui croque et qui brille.

(J’ai découvert cet été une délicieuse exception à cette règle : la pomme de moisson, qui pousse sur des pommiers donnant des fruits sur une courte période en août — ceci correspond à la période traditionnelle de récolte du blé en France, d’où le nom. Ma mère m’en a acheté des petites vert clair au marché de Gérardmer au début du mois, et une semaine plus tard, j’en trouvais des plus grosses et bien rouges à celui des Batignolles. Vous connaissiez ça, vous ?)

Et donc de temps en temps, et plus particulièrement pendant les mois sans pomme, je mange aussi des gâteaux pour le goûter : quelque chose de simple et fait maison de préférence, plutôt fruité, pas trop sucré, et pas trop scandaleux sur le plan nutritionnel.

C’est là que le muffin aux myrtilles et au son d’avoine fait son entrée : il répond au cahier des charges en tous points, et malgré sa teneur respectable en son d’avoine, ne donne pas l’impression d’être une punition. (Mais il faut dire que j’aime le son d’avoine.)

Je précise que la malédiction qui frappe tout muffin n’épargne pas ceux-ci : c’est quand même le jour-même qu’on les apprécie le plus, lorsque le dessus est encore légèrement croustillant. Mais leur saveur est toujours aussi plaisante les jours suivants, et si on veut retrouver la texture d’origine, on peut les raviver la tête en bas au-dessus du grille-pain (j’ai une petite grille exprès qui les empêche de brûler).

Blueberry Bran Muffin Wrapper

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Pâtissons rôtis et pois chiches aux herbes

Le pâtisson fait partie de la grande et belle famille des courges d’été. Il ressemble à une sorte de soucoupe volante avec des ondulations tout autour — autant de cockpits pour mini-aliens, sans doute –, avec une partie haute cônique ou plate, et une peau verte, jaune ou blanche. La chair a la couleur de la crème fraîche non pasteurisée, avec une zone pépineuse au centre, comme celle que l’on trouve dans les courgettes.

Comme toutes les courges d’été, les pâtissons sont meilleurs quand ils sont jeunes et encore petits. Ils ne doivent pas être tellement plus larges que la paume de votre main, sinon ils risquent d’être aqueux et fades, et vous passeriez alors à côté du goût beurré et subtilement sucré des plus petits formats, dont la saveur évoque celle de l’artichaut.

Pâtissons

Une fois que vous vous en serez procuré auprès de votre maraîcher préféré ou peut-être par le biais de votre AMAP, tâchez de les cuisiner assez rapidement : si j’en crois mon expérience, le pâtisson se conserve beaucoup moins bien que sa cousine la courgette, et s’abîme vite au-delà des deux premiers jours.

Les petits pâtissons n’ont pas besoin d’être pelés : il suffit de les couper en tranches ou en quartiers avant de les cuire à la vapeur, les faire sauter à la poêle, les griller ou les rôtir. Il semble que l’idée de les farcir soit assez répandue, et je ne doute pas que ce soit très bon, mais jusqu’ici j’ai eu la flemme.

Non, ces jours-ci, ce que je prépare avec les pâtissons que je rencontre, c’est cette salade, servie légèrement tiède ou alors froide, et qui est en quelque sorte le contrepoint estival de cette salade d’hiver que j’aime tant. Ici, des quartiers de pâtisson rôtis-dorés au four et des pois chiches al dente sont assaisonnés d’une simple sauce mixée à base d’herbes fraîches, d’anchois (ou de câpres si on est végétarien), de zeste de citron et d’huile d’olive. On peut la servir seule, pour un déjeuner léger mais satisfaisant, ou alors comme accompagnement d’un poulet rôti ou d’un poisson grillé.

Et vous, les pâtissons, ça vous inspire quoi de bon ?

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