Quoi faire au lieu d’une détox : Démarrer l’année avec plus de douceur

Janvier s’éveille depuis quelques jours à peine, et déjà vous êtes assailli de messages promouvant les régimes et autres détox.

Vous êtes sans doute un peu beaucoup tenté. On le serait à moins : l’injonction est omniprésente, et vous vous sentez saturé par tous ces repas festifs. Mais il y a plus d’une façon de gérer cette période post-fêtes, et j’aimerais proposer une alternative à l’auto-flagellation.

Au lieu de plonger à corps perdu dans la culpabilité collective, l’écoeurement de vous, la honte diffuse, la restriction alimentaire, les cures plus ou moins fantaisistes, et l’inévitable retour de bâton qui s’ensuit, pourquoi ne pas consacrer ces ressources considérables de temps, d’énergie et de jus de cerveau à faire la paix avec la nourriture et avec votre corps.

C’est assez révolutionnaire.

Parmi les gens assez passionnés par la nourriture pour lire des blogs de cuisine — voire même en créer un — je ne pense pas qu’il y en ait beaucoup dont le rapport à l’alimentation est parfaitement insouciant. D’ailleurs, je pense depuis longtemps que la majorité des blogueurs culinaires démarrent leur blog en partie pour mieux comprendre cette relation particulière ; c’est en tout cas vrai pour moi.

Et ça n’a rien d’étonnant. Nous vivons dans des sociétés profondément obsédées par le corps, qui érigent en modèle des standards impossibles avec lesquels nous nous débattons. Les enjeux économiques de cette insatisfaction chronique sont majeurs.

C’est vrai aux États-Unis, société que je connais assez bien et qui influence qu’on le veuille ou non le monde entier, et c’est presque plus insidieux chez nous : la femme française doit en plus composer avec sa réputation internationale de minceur et d’élégance, naturelles et sans effort. Mais pour dire les choses tout à fait simplement : je ne me souviens pas d’un seul moment de ma vie, passé l’âge de huit ou neuf ans, où j’ai été parfaitement satisfaite de mon corps et de mon apparence. Ça me donne le vertige. Et vous ?

Cette obsession et ses conséquences prennent des formes différentes selon les cultures, mais ce sont des schémas de pensée si profonds, si intériorisés, que peu d’entre nous en ont consicence, et les remettent en cause.

Je suis de plus en plus consciente de tout ça depuis un ou deux ans — dans la façon dont j’habite mon propre corps, et dans mon environnement, à la fois sur Internet et dans la vraie vie. La body positivity* et l’amour de soi sans condition** sont des idées radicales qui me séduisent infiniment.

J’ai récemment visionné le nouveau documentaire The Illusionists de mon amie Elena Rossini, qui dévoile les rouages du marketing international de la beauté inaccessible. Il porte un message si important, si éloquent, si libérateur que je voulais le partager avec vous, et j’ai cinq exemplaires en téléchargement à vous faire gagner (détails au bas de ce billet ; disponible avec sous-titrage en français).

The Illusionists : Un documentaire sur le marketing de la beauté inaccessible.

The Illusionists : Un documentaire sur le marketing de la beauté inaccessible.

Et pour incarner à mon tour le changement que je souhaite voir dans le monde, je vous propose ces quelques réflexions sur la tentation de la détox, et comment résister au matraquage permanent auquel vous serez exposé aujourd’hui, pendant tout le mois de janvier, et à longueur d’année, qui vous dit que vous n’êtes qu’une somme d’imperfections à gommer, à corriger, à masquer, à réparer.

Au lieu de ça, je vous dis :

OUI, vous pouvez simplement constater que les fêtes sont (aussi) une histoire de nourriture, et que selon votre cercle familial et votre histoire personnelle, vous avez probablement mangé plus que ce dont vous aviez besoin ou même envie.

OUI, vous pouvez être en paix avec les choix imparfaits que vous avez faits.

OUI, vous pouvez être à l’écoute des signaux de votre corps après cette période plus abondante que d’habitude. Vous pouvez manger de façon attentive (la plupart du temps), respecter vos sensations de faim (la plupart du temps) et vos signaux de satiété (la plupart du temps).

OUI, vous pouvez privilégier les aliments qui font chanter vos papilles et vous font vous sentir bien et plein d’énergie (plutôt que vertueux). Pour beaucoup de gens, ce sera une cuisine simple, fraîche et colorée — c’est-à-dire 99% des recettes que vous trouverez par ici — mais c’est à vous de sentir ce qui est bon pour vous.

NON, la quantité de kale que vous mangez et le nombre de frites que vous ne mangez pas n’ont absolument aucune incidence sur votre valeur en tant que personne.

OUI, vous gagnerez à développer votre connaissance de vous-même pour mieux vivre vos émotions. Méditation, podcasts et livres inspirants, psychothérapie… à vous de voir. Mais l’idée est de gagner en clarté sur les vraies difficultés que vous rencontrez dans votre vie. La nourriture n’est jamais le vrai sujet ; ce n’est qu’un symptôme.

Et si vous vous aimiez sans condition

ADMETTONS que vous puissiez opter pour une détox ou un régime d’exclusion MAIS SEULEMENT pour essayer de démêler votre relation avec certains aliments, pour identifier des sensibilités alimentaires, ou tenter de résoudre des problèmes digestifs. Même dans ces conditions, attention attention, ce n’est jamais anodin.

Et clairement NON si la cure ou la détox est une façon détournée, et plus ou moins acceptable socialement, de restreindre votre alimentation, ou de vous punir pour les « mauvais » choix que vous auriez faits. Vous seul pourrez faire la différence ; essayez d’être honnête avec vous-même.

OUI à la détox des réseaux sociaux : cesser de suivre ou de lire ceux dont la vie mise en scène vous donne l’impression de ne pas être à la hauteur. Pendant que vous y êtes, ne renouvelez pas votre abonnement aux magazines qui ne montrent qu’un type de corps unique. Exposez-vous fréquemment à des images de personnes normales, de toutes les formes et de toutes les couleurs, et soutenez des magazines féminins éclairés comme Causette ou Bust.

OUI vous pouvez changer de sujet de conversation quand on parle régime autour de vous, et vous pouvez vous abstenir de juger les autres sur ce qu’ils mangent et ce à quoi ils ressemblent. (Comme par magie, vous arrêterez de vous juger sur ce que vous mangez et ce à quoi vous ressemblez.) Vous pouvez aussi prendre l’habitude de remarquer (sans forcément commenter) quelque chose qui vous plaît chez les personnes que vous croisez : le noeud d’un foulard, l’inflexion d’un sourire, le staccato d’une démarche… Ça rend la vie tellement plus jolie.

OUI, vous pouvez trouver une façon de bouger qui est joyeuse et vous est agréable (pas juste pour souffrir).

OUI, vous avez le droit de vous présenter au monde tel que vous êtes, sans vous excuser, sans vous conformer, parce que vous êtes déjà super comme ça. Vraiment.

Rien de tout ça n’est facile. Être bien avec soi-même est tellement à contre-courant ! Il faut du temps et des efforts, quotidiens et délibérés, pour s’affranchir de décennies de conditionnement, surtout quand on vous en remet une couche tous les jours. Mais je suis convaincue qu’on y arrive, et quand on est passé de l’autre côté, on a envie d’y rester : la lumière ici est magnifique, et on respire tellement mieux !

Gagnez un exemplaire numérique du documentaire The Illusionists

Mon amie la réalisatrice Elena Rossini m’a donné cinq exemplaires en téléchargement de son excellent documentaire The Illusionists à vous faire gagner. Il est sous-titré en français et je sais que vous allez aimer. Pour participer, saisissez vos coordonnées dans ce formulaire avant le mercredi 11 janvier, minuit heure de Paris.

Je tirerai 5 noms au hasard (en utilisant ce service) et j’annoncerai les gagnants ici. Il n’y a aucune restriction géographique. Bonne chance !

Les gagnants ! Les cinq participants que j’ai tirés au sort sont Louise (l*****.d****s@sfr.fr), Garance (g******.t****@gmail.com), Joann (j****r**@hotmail.com), Carol (c****b******631@gmail.com), and Lorin (l****g*****@gmail.com). Félicitations ! Vous allez recevoir un e-mail de ma part avec des numéros de suivi. Si ce n’est pas le cas, vérifier votre boîte de spam, et si vous ne l’y trouvez pas non plus, contactez-moi.

Partager, lire, écouter

Si tout ça vous parle, n’hésitez pas à partager ce billet avec un(e) ami(e) à qui il pourrait faire du bien.

Et pour aller plus loin, je vous recommande les livres et podcasts suivants. Ce mouvement de body positivity est pour le moment peu représenté en France, donc à l’exception du premier livre, j’ai surtout des resources en anglais ; n’hésitez pas à en ajouter dans les commentaires si vous en connaissez des francophones.

* La « body positivity », c’est un mouvement qui encourage chacun à considérer son corps et celui des autres avec assurance et bienveillance, en célébrant la diversité, pour être mieux avec soi-même et en meilleure santé, physique et émotionnelle.

** Quand on parle de s’aimer, ou d’aimer son corps, il ne s’agit pas d’amour romantique ni d’amour passionnel, ce qui pourrait paraître narcissique ou irréaliste. On parle ici du genre d’amour qu’on pourrait avoir pour son enfant, pour un frère, une soeur, un ami cher : un amour profond, plein de tendresse et d’indulgence, et surtout sans condition.

  • Camille

    Merci, cet article me parle beaucoup! je me suis réconciliée avec mon alimentation et mon corps il y a quelques années (6 ou 7 ans) grâce au livre du Dr Zermati Maigrir sans régime (une révélation!), ainsi qu’en arrêtant de me peser et de me regarder dans un miroir sans vêtements. Depuis, je n’ai pas grossi alors que je ne compte pas du tout les calories, je fais du sport de manière très irrégulière (mais avec plaisir) et j’ai eu un enfant.
    J’ai aussi pris conscience que contrôler mon alimentation et faire beaucoup de sport étaient des activités qui prennent du temps, de l’énergie, parfois de l’argent (les salles de sport, les régimes payants etc…) et que j’ai bien mieux a faire de mes journées et de mon argent!
    Bref, j’ai fait la paix avec mon corps, et je n’envisage plus les choses autrement!

  • maud

    Bonjour Clotilde,
    Tout d’abord merci pour votre blog, qui m’inspire depuis plusieurs années. Les recettes sont délicieuses, et tout est bien présenté.
    Je suis cependant gênée de constater de plus en plus de pub dans les articles (peut être y était-elle toujours présente, et c’est moi qui devient plus sensible..), et bon, généralement je passe outre.
    Mais là je trouve ça tellement contradictoire: votre article, très intéressant, très motivant, concernant le fait de ne pas tomber dans le piège des diètes mais de plutôt s’accepter tel que l’on est, et durant ma lecture je tombe 5 fois (!!) sur cette même pub « Perdez un peu de graisse chaque jour en éliminant ces 4 aliments »!!

    Alors oui je me rends bien compte qu’un blog ça coûte de l’argent à entretenir, mais pour moi il y a quand même un problème de message trop contradictoire entre ce que vous écrivez dans cet article et les pubs qui apparaissent, de façon très insistantes.

    Même si on arrive à faire la part des choses, ce message publicitaire, ces mots parviennent à notre cerveau, et au final, je sais que j’ai retenu les idées de votre texte, mais que quelque part en moi, de façon plus inconsciente, et peut être plus pernicieuse, s’est inscrit le message « la graisse doit disparaître de mon corps ».

    Est-ce que vous ne pensez pas que tout cela est quand même très paradoxal? Véhiculer un message et permettre que ce même message transporte sournoisement un message en contradiction presque totale?
    Merci de votre réponse

    • Merci Maud de m’avoir signalé ça. C’est effectivement complètement contradictoire et ça ne me convient pas plus que vous. J’ai cherché et je viens de m’apercevoir que ma régie publicitaire me permet de ne pas accepter les pubs liées aux régimes. Je viens donc d’activer cette option.

      • maud

        Merci beaucoup pour votre réponse. Et merci encore pour votre site et vos recettes délicieuse!

        • Tout le plaisir est pour moi ! ^^

          • graffie

            Jute pour info (on est jeudi 4 janvier, il est 15h35… ) les pubs mentionnées par Maud s’affichent toujours !!!

          • Merci de me le signaler, Graffie. Moi je vois autre chose (un truc de voyage ou un truc de tisane) mais je vais me rapprocher de ma régie pub pour voir ce que je peux faire.

          • Merci Graffie, je vois ça avec ma régie. Il est possible que le filtre mette du temps à se mettre en place. Je crois aussi que c’est basé sur un système déclaratif (l’annonceur indique sa catégorie) donc il doit en y avoir qui passent au travers des mailles du filet, par erreur ou sciemment…

  • Solène

    Un très grand merci pour cet article, Clotilde, remarquablement bien écrit, sur le fond et sur la forme. J’ai ressenti cette approche chez toi mais tu ne l’avais pas encore mise en mots comme ça et la façon dont tu le fais me touche beaucoup. Ca me parle énormément. J’ai progressé sur cette question mais ça reste un sujet. J’ai deux filles, je me sens responsable de leur transmettre autant que possible une image saine du rapport à soi, à la nourriture, et à la féminité.

    • Merci Solène ! Je t’avoue que c’est un billet qui n’est pas évident à publier parce que ce n’est pas forcément ce à quoi on s’attend, mais j’ai pris mon courage à deux mains, je trouve le sujet trop important pour ne pas en parler.

      Quant à la transmission de la féminité, je t’avoue que quand j’ai su que j’aurais deux garçons, une petite partie de moi s’est dit « Pfiou, j’échappe à ça ! » ;D Mais je prends tout autant au sérieux ces questions dans l’éducation de mes fils.

  • Floriane

    Je te suis infiniment reconnaissante d’avoir publié ce billet Clotilde ! J’ai eu de graves problèmes d’alimentation pendant mon adolescence, et aujourd’hui à 25 ans, je cherche encore mon équilibre… Pas un jour ne se passe sans que je culpabilise au sujet des aliments que j’ingère. J’envie tellement mon compagnon dont l’état d’esprit est totalement différent et libéré à ce niveau, il ne « se prend absolument

    pas la tête » comme on dit. C’est difficile, car je suis persuadée au fond de moi qu’être une fille mince est une fille appréciée par tous, que c’est ce que les gens – et les hommes en particulier – veulent voir. La société dans laquelle nous vivons compliquent d’autant plus les choses, il me reste du chemin à parcourir mais je dois me battre, car ne pas s’aimer est épuisant.

    • Merci Floriane. Je suis vraiment désolée que tu te débattes avec toutes ces questions. Il faut du temps je crois pour trouver un mode de fonctionnement apaisé, et parfois on a besoin d’une aide extérieure. De par l’histoire que tu évoques, j’imagine que tu es passée par là, mais peut-être que c’est quelque chose qui te ferait du bien encore aujourd’hui, plus en mode accompagnement qu’urgence ?

      • Floriane

        Tu as sans doute raison Clotilde. Je repousse cette solution sans vraiment savoir pourquoi, et je ne parle de cela à personne, surtout pas à ma famille – ma mère en ayant déjà suffisamment « bavé » quand j’étais plus jeune – mais je me promets de changer cela car l’issue ne pourrait qu’être positive 🙂

        • Si on a un tempérament indépendant, où on veut tout faire toute seule, demander de l’aide, ce n’est pas évident — surtout après un épisode comme celui que tu me dis avoir traversé, il peut y avoir la crainte que « ça recommence. » Quand tu te sentiras prête à le faire, tu te sentiras prête à le faire.

          J’ai repensé à notre échange hier soir, et je voulais te dire que plus le temps passe et plus j’avance dans ma vie, mieux je comprends et plus je constate que ce qui est vraiment important, ce que les gens retiennent, c’est ce qu’on dégage — par les valeurs qu’on incarne, la bienveillance qu’on a à l’égard des autres, l’intérêt qu’on leur porte, la richesse de notre vie intérieure.

          Et j’ai le sentiment que quand on se « prend la tête » sur des affaires d’apparence physique, plutôt que de s’y attaquer de manière frontale et donc se prendre encore plus la tête, on peut essayer de détourner son énergie et s’attacher plutôt à cultiver son jardin — les relations qu’on a avec les autres, la créativité, l’art et la culture, l’échange d’idées, le don de son temps, etc. Au fur et à mesure que ces choses super positives et « nourrissantes » prennent plus de place, les affaires d’alimentation en ont mécaniquement et proportionnellement moins.

          Est-ce que ça te parle ?

          • Floriane

            Effectivement, je n’avais jamais envisager les choses sous cet angle-là ! Mais finalement ce que tu dis fait sens, et Dieu sait qu’il me reste beaucoup de travail aussi à réaliser dans mes relations avec les autres, donc si je me focalisais davantage sur la tâche d’améliorer celles-ci, j’aurais au final moins de temps pour réfléchir à mon apparence physique, pour me dénigrer et me dire que je ne suis pas assez comme ci, comme ça, ou pas assez bien pour ci, pour ça… Je n’ai pas d’enfants pour le moment mais une famille, des amis, des collègues, j’adore me cultiver, découvrir, lire; je dois creuser de ce côté-là et me concentrer sur ce qui importe vraiment. Je te remercie sincèrement de prendre le temps de répondre à tous ces commentaires Clotilde, dont les miens 🙂

          • Je suis là pour ça. 🙂

  • Ysandra

    Beau billet, et billet utile ! Nous sommes effectivement les cibles constantes d’injonctions particulièrement violentes sur ce que devrait être notre physique, sur ce qu’il faut manger, ne pas manger, sur le sport in-dis-pen-sa-ble (qui change chaque trimestre au gré des modes), et il est difficile de ne pas être imprégnée, même inconsciemment, par cette avalanche de conseils qui nous veulent du bien (ou pas).
    Pour ma part, j’ai dû faire un assez long chemin, mais j’ai finalement oublié ma balance, décidé de manger ce qui m’apporte un vrai plaisir, en dégustant plutôt qu’en avalant, de pratiquer les sports qui m’apportent un vrai bien-être (la rando et le yoga) en laissant de côté toute idée de performance. Je crois bien que j’ai fini par me réconcilier avec mon corps – ce n’était pas gagné ! – grâce à mes deux enfants (oui, être enceinte a aidé, bizarrement…), au regard de mon mari et à l’âge : je me sens bien plus libre à 45 ans que je ne l’étais à 30 !
    Conséquence au long cours : j’ai, en lâchant du lest, trouvé un poids de forme après lequel je courrais désespérément depuis l’adolescence…
    Merci donc pour cette mise au point qui aidera peut-être des femmes plus jeunes à déculpabiliser et à se sentir bien dans leur corps plus tôt et plus aisément que je ne l’ai fait !

    • Merci pour ce témoignage inspirant, Ysandra. Moi aussi, avoir des enfants — les « fabriquer » dans mon ventre, les mettre au monde, les allaiter (très) longtemps — a fait beaucoup pour mon apaisement.

      Et moi aussi je souhaiterais à d’autres femmes plus jeunes que moi de s’affranchir plus tôt de ces messages insidieux qui me révoltent. Au fond je ne sais pas si on peut faire l’économie de son propre cheminement, mais si je peux faire gagner un peu de temps à quelqu’un en plantant ces quelques graines, c’est déjà beaucoup pour moi.

  • Mély

    Oh, Clotilde…
    J’ai vu ton article hier, mais je m’en suis réservée la lecture ce matin (j’aime bien me réserver des petites « douceurs » le matin).
    Ton article est merveilleux : touchant, inspirant, sincère (certains mots m’ont beaucoup touché…).
    J’ai cliqué sur tous les liens, et m’apprête à les découvrir / explorer.
    J’ai d’ailleurs téléchargé le film The Illusionists (courant décembre), et me l’étais réservé pour samedi soir (quelle belle synchronicité !).
    Le livre d’Evelyne Tribole m’intéresse, mais il n’existe pas en français (n’est-ce pas ?). J’ai peur de ne pouvoir le lire (je lis facilement en anglais, mais il faut que cela reste de courts textes : je fatigue rapidement / cela me demande beaucoup d’efforts de concentration). Peut-être le téléchargerai-je en audio ? 😀
    Merci d’avoir écrit cet article, d’avoir partagé ces ressources, d’y avoir disséminé de la sincérité.
    Merci ♥

  • voilà un billet positif et bienveillant ! oui, le 1er regard qui doit importer sur notre corps est le nôtre … Et fatalement si nous nous sentons bien et en harmonie avec nous-même, alors nous voyons la vie d’un autre oeil, comme tu as su, si bien, le décrire ! Oui à nos imperfections qui font de nous des êtres humains en chair et en os, en sentiments, en rires et en larmes. C’est vraiment ce qu’il faut inculquer dès le plus jeune âge à nos filles, en priorité, pour qu’elles ne subissent pas le diktat des médias, de la mode…à ce niveau là, pas de parité, nos fils ont peut-être moins de pression (mais il faut quand même leur dire qu’on les aime comme ils sont, tout comme nous le faisons pour leurs sœurs, mettre en avant leurs qualités..).
    Belle journée à toi et merci pour ces charmants moments de lecture

    • Absolument d’accord ! Pour l’éducation des garçons, je pense qu’il y a aussi fort à faire d’une part pour qu’ils ne se sentent pas pris dans le diktat de la virilité à tout prix (ça commence quand on permet plus aux petites filles de pleurer qu’aux petits garçons), et d’autre part pour qu’ils ne deviennent pas les hommes qui « objectifieront » les femmes de demain.

  • Punky Brewster

    Pfiou… sacré article auquel, contrairement à Solène, je ne m’attendais pas chez toi !
    Je crois que j’imaginais que, toi justement, de par tes souvenirs d’enfance avec tga soeur, le modèle culinaire de ta maman, l’équilibre que tu sembles avoir, tu entretenais « un rapport totalement insouciant à l’alimentation »… quelle surprise ! Et comme ça me parle ! Et comme je partage ta façon de penser… sans pour autant réussir à demeurer imperméable aux injonctions censées-être-pour-ton-bien-mais-en-fait-malveillantes !
    Si je suis honnête avec moi-même comme tu te livres avec courage dans ce billet, je suis encore de celles pour qui « la cure ou la détox est une façon détournée, et plus ou moins acceptable socialement, de restreindre mon alimentation, ou de me punir ». C’est vrai…
    … et pourtant, j’ai déjà tellement avancé sur ces questions, depuis tant d’années, je vais tellement bien aujourd’hui, que j’essaye même d’être bienveillante avec moi-même dans mon choix de la cure.
    Je me dis un truc du genre : « ok, c’est weird aux yeux de ceux qui m’entourent, mais si moi ça me rassure un peu dans ma tête, après tout, du moment qu’elle ne dure pas trop longtemps, et que mon poids reste stable, ça va aller… »
    Mais je sais que je dois toujours boucher mes oreilles aux sirènes du jeûne, ou pas plus d’une journée après une fête ou une grosse soirée, donc il me reste du travail 😉

    Néanmoins, je voulais dire à Floriane (et aussi à toi et à Solène et à Ysandra) : fabriquer comme tu dis, et élever trois enfants, allaiter, prendre soin d’eux au quotidien, cuisiner surtout, m’a autant aidée que le long travail de thérapie. Quand on s’inquiète pour le nombril des autres, on a moins le temps (et plus du tout l’envie) de regarder si le sien, de nombril, est assez comme ci ou pas assez comme ça.
    C’est l’altruisme, et la force de la bienveillance, pour redonner du sens à nos vies et soigner les maux contemporains, comme le suggère Matthieu Ricard dans son livre.
    Mon défi maintenant, c’est d’arriver à parler de tout ça à mes enfants, pour ne pas transmettre des choses négatives de manière inconsciente (car ce qui ne passe pas par les mots est ce qui donne le plus de maux !)
    Quand ma fille est née, je me suis dit à peu près comme toi avec tes garçons, mais à l’inverse – forcément.
    Genre : « Oh là là, comment je vais faire pour gérer l’image du corps à l’adolescence ?? »
    Mais en fait, c’est pas à l’adolescence que ça se passe, ni même seulement avec les filles, c’est maintenant tout de suite, dès qu’ils sont petits, et avec les garçons de la même façon.
    Mon deuxième babi est un petit garçon qui a bon appétit mais qui est tout maigre, ou disons tout en os et en muscles parce qu’il n’aime rien tant que jouer dehors, courir, sauter, et se dépenser. La semaine dernière, il a attrapé une gastro. Un soir je lui dis : « Ah non, pas de kiwi ce soir mon petit lapin. On arrête les fruits, jusqu’à ce que tu ailles mieux. »
    Et là je le vois se décomposer, et il me demande, presque en pleurant : « Mais maman, si je ne mange plus de fruits, je vais devenir gros ! »
    Là c’est moi qui me suis décomposée. Totalement. Ca m’a mis une grosse claque. Il a cinq ans !!! Il est tout maigre, jamais eu aucun problème de poids, et ce n’est pas un sujet que l’on aborde facilement chez nous.
    Justement, alors. Justement il est temps d’en parler, c’est à cette conclusion que je suis arrivée.
    Comme tu le fais courageusement dans cet article, et comme on devrait tous le faire avec nos enfants.
    Même maladroitement, même si c’est compliqué, même si on a soi-même une relation difficile et contradictoire avec la nourriture et notre propre corps. Justement.

    • Merci Audrey d’apporter ton témoignage. Je savais que ce billet ne te laisserait pas indifférente et je suis contente qu’il te paraisse juste. Ce qui est sûr et certain, c’est que la connaissance de soi est le travail d’une vie (qu’on espère longue !) et qu’on s’en fiche de où en sont les autres, il faut juste essayer d’avancer pour soi-même avec bienveillance mais honnêteté.

      Pour rebondir sur ton premier point, si je vais vraiment jusqu’au bout de ma pensée, je pense à vrai dire que personne n’a un rapport parfaitement insouciant avec la nourriture. C’est peut-être un biais personnel, mais je ne vois pas comment c’est possible dans les sociétés où on vit, entre ceux qui n’ont pas assez à manger tout court, et ceux qui ont assez (chance incroyable) mais reçoivent mille messages contradictoires par jour sur ce qu’il faut ou ne faut pas manger pour des raisons éthiques, de santé, de poids, de peau, de vertu…

      Même ceux qui disent que pour eux manger n’a aucun intérêt particulier (j’en connais mais ils ne lisent pas mon blog :D), qu’ils mangent juste pour vivre, je ne trouve pas ça plus « normal » ni enviable d’ailleurs.

  • perrine

    Merci Clotilde, un billet chouette et inspirant, comme toujours!
    Et surtout, plein de justesse, une des (nombreuses) qualités que j’apprécie tant dans ce blog!
    Il en va de l’alimentation comme du reste:

    • Merci beaucoup Perrine, ce que tu dis est très vrai : dans des sociétés où nous sommes (globalement) libérés de la tyrannie venue de l’extérieur, elle vient maintenant de l’intérieur. Enfin plus exactement : elle vient toujours de l’extérieur, mais d’une façon qui est conçue pour qu’on l’internalise, et qu’on soit nos propres petits dictateurs. Car tout ça est en fait beaucoup plus politico-économique qu’il n’y paraît au premier abord. (En espérant ne pas passer pour une conspirationniste, le docu d’Elena est assez limpide là-dessus.)

      Et merci aussi pour l’idée que tu me donnes d’un super billet-reportage sur les fruits crus tombés de l’arbre par eux-mêmes et ramassés de la main gauche par un maraîcher unijambiste qui se sera lavé les dents au préalable ! Ça me passionne d’avance. 🙂

  • graffie

    J’essaie de faire passer à mes enfants le message de « tout est permis comme aliments, l’essentiel est de ne pas faire d’excès prolongés ». Un peu compliqué en fin-début d’année, où on enchaîne les repas de fêtes, les chocolats, avant de passer presque directement aux galettes des rois (et pas de chance, on aime tous la frangipane et la pâte feuilletée …)(mais on arrive heureusement à faire une pause avant d’attaquer les tartiflettes-raclettes-fondues des vacances de ski… ouf !).
    J’essaie de maintenir (et d’en parler !) un équilibre alimentaire, pas sur un repas, ni même sur une journée, mais plutôt sur la semaine (parce qu’avec 4 personnes qui mangent dans des cantines-selfs différents, rééquilibrer tout le monde sur le seul dîner, c’est impossible ! je n’arrive déjà pas à éviter que l’un d’entre nous mange parfois la même chose que le midi…).
    J’ai la chance (les chances !) d’être à peu près en paix avec mon corps (même avec quelques kilos de trop… ), qu’aucun de nous n’ait de souci de santé imposant un régime particulier, et d’avoir un conjoint qui a beaucoup de mal à imaginer un repas sans fruit et/ou légume.
    Je n’ai jamais donné trop d’importance à la nourriture, dans le sens où même quand mes enfants étaient petits, ça n’a jamais été un enjeu (« tu ne veux pas manger à ce repas ? bon, comme tu voudras, on verra au prochain repas…  » ). Pas de substitution, pas de collation en dehors des 4 repas. Et dès que les enfants ont eu l’âge de manger de tout, il n’y a jamais eu d’aliment réservé aux adultes (hors alcool évidemment !!!). Pas d’obligation de finir son assiette sauf quand on s’est soi-même servi.

    Mais malgré tout, avec une fille pré-ado, je fais extrêmement attention à ce que je dis et à l’exemple que je montre. La nourriture est quelque chose d’indispensable à la vie, le plaisir (entre autres celui lié à la nourriture) est aussi indispensable.
    J’espère que ça continuera comme ça…

    • Tout ça me paraît très sage et très apaisé. Je t’avoue que pour ma part, je ne réfléchis pas en terme d’équilibre alimentaire mais plutôt en terme de variété. A force de lire tant d’avis contradictoires venant des différentes écoles de pensée nutritionnelles au fil des décennies, il me semble que le meilleur pari c’est de s’efforcer de manger autant de trucs différents qu’on peut. Quand on suit les saisons, ça se fait assez automatiquement d’ailleurs.

      • graffie

        Effectivement tu as raison, c’est plutôt « varier » qu' »équilibrer ». Du genre après une quiche lorraine, on mange un fruit, alors que ça peut être une crème au chocolat apres une quiche aux légumes. Et dans une salade composée qui doit faire plat unique, il n’y a pas que des crudités. Et oui oui oui au respect des saisons ! L’abonnement au panier du maraîcher du village à côté a changé ma façon de réfléchir aux menus.

  • Merci beaucoup Clotilde pour ce bel article très personnel et qui résonne beaucoup en moi.

    Bravo d’avoir le courage d’exprimer cela car, comme tu le dis très bien, c’est tellement à contre-courant de s’aimer de manière inconditionnelle et de se détacher des injonctions que l’on entend-voit-lit à longueur de journée sur le corps parfait, la nourriture saine … Difficile de ne pas céder à ces injonctions, de ne pas les transmettre (plus ou moins inconsciemment, d’ailleurs) aux enfants, de leur apprendre à s’aimer de manière inconditionnelle eux-aussi – et encore, je n’ai pas de fille ! – leur faire gagner un peu de temps comme tu le dis en réponse à Ysandra.

    J’ai beaucoup apprécié deux des livres que tu cites celui d’Ariane Grumbach et celui de Jess Baker et la body positivity : j’adhère totalement aux propos, même si dans les deux cas, je suis encore assez loin d’être aussi détachée des injonctions de la société et à l’écoute de mes besoins. Du coup j’ai hâte de découvrir tes autres suggestions de lecture et le film.

    • Merci beaucoup Jessica, je suis vraiment contente que ça fasse écho avec ton propre ressenti. Tu me diras si tu as l’occasion d’explorer d’autres ressources.

      Je trouve que le format podcast est particulièrement puissant pour véhiculer ces messages : à travers les différentes interviews on peut toucher du doigt des douzaines de destins, d’approches, d’histoires et de chemins, et dans chaque parcours on peut trouver la petite phrase, la petite réflexion qui fait tilt.

      Et d’entendre aussi le courage de ces femmes (parfois aussi des hommes) qui s’expriment de façon très ouverte sur des sujets assez personnels (surtout en France où on en parle peu) c’est très puissant aussi.

  • Palmira

    Très bien pensé et écrit cet article et surtout très positif ce qui change du discours ambient!!!
    Avec le temps j’ai fini par être satisfaite de moi telle que je suis et je me sens chouette telle que malgré un imc à 25.5 (catastrophe planétaire pour 99% de la planète) mais je préfère partager de bons moments autour d’un repas et d’une ballade en forêt que de me torturer dans une salle de sport…
    Reste que (presque) tout le monde me fait remarquer que si je faisais un effort quand même… alors que je cuisine 100% maison à partir e produits bio locaux, léger coloré et santé tout le temps, que je marche 15km tous les jours en toute saison (ça me vide la tête et me donne des idées fraîches) et… que mes analyses feraient pâlir d’envie bien des mannequins de 17 ans!
    Alors y’a du boulot pour changer les esprits mais ces initiatives sont formidables surtout quand ma fille de 6 ans me demande si je ne trouve pas ses cuisses trop grosses (non franchement pas!)…
    Bon week end aux plus belles filles du monde (nous quoi!!)

    • Je suis absolument d’accord avec toi, et je compatis avec la difficulté de gérer (en plus) les opinions plus ou moins bien intentionnées des autres. Le changement passe par plus de bienveillance chacun pour soi, certes, mais aussi beaucoup plus de « fichez la paix aux autres et n’imaginez pas un seul instant que vous savez mieux qu’eux comment ils doivent vivre leur vie ». L’arrogance de certains me laisse sans voix.

  • Punky Brewster

    Dis Clotilde… C’est moi qui ne trouve pas les noms des gagnants ou tu as zappé le tirage au sort pour The Illusionnists ?

    • Merci Audrey — le tirage au sort a bien eu lieu et les gagnants ont été prévenus, mais on a eu un petit loupé sur l’annonce des gagnants au sein du billet. Ce sera corrigé dans la journée !

  • Maryam

    Quel article honnête! Je me sens plus heureuse après l’avoir lu. Merci Clotilde 🙂 « La quantité de kale que vous mangez…n’a absolument aucune incidence sur votre valeur en tant que personne » – m’a fait éclater de rire!! ^-^

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