Fond d’écran calendrier : Février 2015

Au début de chaque mois en 2015, j’offre aux lecteurs de C&Z un nouveau papier peint à mettre en fond d’écran sur votre ordinateur, avec une photo en lien avec la cuisine et un calendrier du mois en cours.

Pour le mois de février, je vous propose une photo du petit bocal d’herbes séchées que je garde toujours à portée de main en cuisine. Il s’agit d’un mélange d’herbes du maquis acheté en Corse, mais c’est assez proche des herbes de Provence et on s’en sert de la même façon : on peut en frotter les viandes et les poissons, en mettre dans la pâte à pain ou à biscuits salés, et en aromatiser toutes sortes de céréales, légumineuses et légumes.

Les instructions pour télécharger votre calendrier sont ci-dessous.

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Crackers aux algues et aux graines

L’histoire de ces crackers a commencé un peu par hasard.

J’avais préparé ma fidèle pâte à tarte à l’huile d’olive pour faire l’une de mes recettes préférées de tous les temps, la quiche oignon et cumin qui est dans mon premier livre. Il me restait quelques chutes, que d’habitude je fais cuire en l’état, pour les grignoter plus tard. Mais cette fois j’ai décidé de me donner un tout petit peu plus de mal et d’utiliser un emporte-pièce, et le premier qui m’est tombé sous la main en fouillant dans mon placard à bazar, c’est l’emporte-pièce « puzzle » qui fait partie de mon attirail depuis des années.

Ces crackers sont fins et délicieusement croquants, avec des poches d’air qui se forment ici et là et ajoutent au plaisir de la dégustation.

J’avais assez de pâte pour en faire trois, au bas mot, mais ils ont eu tellement de succès auprès de mon fils de deux ans et demi (des crackers ! en forme de puzzle ! quoi de plus excitant ?) que j’ai rapidement refait cette pâte à tarte juste pour en tirer des crackers.

Depuis, ils font des apparitions fréquentes à la maison, pour le plus grand plaisir des adultes autant que des enfants. Au fil du temps j’ai un peu modifié la recette pour en booster le goût (et les qualités nutritionnelles) pour aboutir à cette version ultime, dans laquelle je mets des graines variées (sésame, chia, lin) et des paillettes d’algues séchées (le tout se trouvant facilement en magasin bio).

Ces crackers sont fins et délicieusement croquants, avec des poches d’air qui se forment ici et là et ajoutent au plaisir de la dégustation. Nous les mangeons le plus souvent tels quels, à l’apéro ou quand on a un petit creux, mais bien sûr ils feraient tout aussi bonne figure avec le dip ou la tartinade de votre choix, comme ce poicamole ou ce houmous de betterave.

PS: Encore plus de carburant pour vos apéros avec ces chips de pita au zaatar, ces croustilles au fromage ou ces canistrelli à la châtaigne et aux herbes.

Crackers aux algues et aux graines

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Les Parents qui cuisinent : Laurie Colwin

Laurie Colwin fêtant les quatre ans de sa fille Rosa en 1988.

Laurie Colwin fêtant les quatre ans de sa fille Rosa en 1988.

Avez-vous déjà lu l’un des livres de Laurie Colwin ?

Cette auteure américaine, qui vivait à New York, a écrit des romans et a tenu pendant quelques années dans le magazine Gourmet une chronique dans laquelle elle abordait sa vision de la cuisine d’une façon si chaleureuse, accessible et pleine d’esprit qu’il était impossible — et l’est toujours aujourd’hui — de ne pas vouloir l’adopter immédiatement comme meilleure amie. Ces essais ont été publiés en deux recueils — non traduits en français à ce jour, contrairement à ses romans — intitulés Home Cooking: A Writer In The Kitchen et More Home Cooking: A Writer Returns to the Kitchen, et devenus cultes pour les amateurs de savoureuse prose culinaire.

Laurie Colwin est morte soudainement en 1992, à l’âge injuste de 48 ans, et a laissé derrière elle une petite fille, Rosa, qui n’avait alors que huit ans. Rosa Jurjevics, fraîchement trentenaire, est aujourd’hui productrice multimédia — elle a fondé son propre studio Big Creature Media il y a deux ans — et j’ai eu l’occasion d’échanger avec elle à l’automne dernier, lorsque l’éditeur Open Road a publié l’oeuvre de Laurie Colwin en e-books pour la première fois et m’a proposé de me mettre en contact avec elle pour promouvoir cette sortie.

J’ai immédiatement sauté sur l’occasion d’inviter à titre posthume Laurie Colwin, pour qui j’ai énormément d’admiration, dans ma série des Parents qui cuisinent où j’explore la façon dont l’arrivée des enfants façonne la cuisine de leurs parents. C’est la première fois que je donne la parole à l’enfant plutôt qu’au parent, et je suis reconnaissante à Rosa de partager ces souvenirs touchants de son enfance. J’espère que vous apprécierez autant que moi.

Profitez-en aussi pour découvrir les merveilleux livres de Laurie Colwin, et n’hésitez pas à partager vos propres souvenirs et astuces de cuisine pour et avec les enfants !

Entretien mené en anglais et traduit par mes soins.

clotilde

Pouvez-vous nous dire en quelques mots le genre d’enfant que vous étiez, et le genre de mère de Laurie Colwin était ?

Rosa Jurjevics

J’étais une enfant volontaire qui n’avait pas sa langue dans sa poche. Une enseignante a un jour écrit sur mon bulletin que j’étais la plus grande de ma classe et que ma mère m’appelait son « enfant viking ». Je ne sais pas si c’était en référence à mon héritage balte — bien que les Lettons n’aient jamais été vikings à ma connaissance — ou simplement parce que j’avais des manières et une stature un peu brusques, ce qui était d’ailleurs tout à fait vrai, je l’avoue.

Ma mère était une personne tout aussi décidée, et elle semblait heureuse d’avoir un enfant qui partageait ce trait de caractère, même lorsque nous étions en opposition sur des sujets tels que le contenu de ma boîte-repas pour l’école. Le dialogue était encouragé, mais je n’étais pas une enfant facile et je crois avoir souvent épuisé ma pauvre mère à râler, négocier ou piquer des crises.

J’adorais sa cuisine ; je ne vois pas comment il aurait pu en être autrement. Elle aimait tellement ça, et y mettait tant de soin et d’attention. Les gens se pressaient à sa table, heureux de passer du temps avec elle pendant qu’elle cuisinait. Elle demandait souvent à ses convives de goûter ses plats et de donner leur avis sans filtre. Ce n’était pas une cuisinière qui en faisait des tonnes, ou qui gardait ses secrets pour elle : elle avait vraiment à coeur de partager ses plats, ses recettes et des conversations animées.

Pour autant, ce n’était pas toujours facile d’être la fille qui mange des « trucs bizarres ». Ma mère avait des avis très arrêtés sur ce qui était bon ou mauvais pour un enfant, et pour les gens en général, et elle ne transigeait pas là-dessus. Mes camarades de classe et mes copains du quartier étaient sans doute heureux de découvrir chez nous le pain d’épices, le saumon et les asperges, mais je leur enviais leurs Oreos, leur fromage américain en tranches et leurs « jus de fruits » fluorescents.

Il y a des fois où je voulais juste être normale, avec des barres de céréales bourrées de chocolat dans ma boîte-repas plutôt qu’un kiwi, ou un sandwich au Wonderbread plutôt qu’au pain au levain de chez Bread Alone. J’arrivais quand même à remporter certaines batailles (les cuirs de fruit avec la Petite Sirène à gratter dessus), mais j’en ai perdu d’autres (pas de biscuits de supermarché !). J’ai donc continué à être l’élève de CP avec ses yaourts au lait de chèvre et son gouda fumé. Des années plus tard, une amie d’enfance m’a dit qu’elle avait toujours été jalouse de mes repas. « Moi je n’avais que des sandwichs au thon, m’a-t-elle dit, et éventuellement un yaourt. Toi, ce que tu mangeais était excitant ! » Elle avait raison.

Laurie Colwin et sa fille Rosa, deux ans, en 1986.

Laurie Colwin et sa fille Rosa, deux ans, en 1986.

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Sablés au sésame noir

Après les événements de la semaine dernière, il a fallu que je prenne un peu d’élan pour écrire ici. L’actualité et la politique ne sont pas les sujets sur lesquels je choisis habituellement de m’exprimer, et j’imagine que ce n’est pas non plus ce que vous venez chercher ici, mais il m’a semblé inconcevable de faire comme si de rien n’était.

Au lendemain de ces actes ignobles et insensés, qui ne font que renforcer ma grande inquiétude sur le monde que nous construisons et la société dans laquelle nous vivons, je choisis de voir le bon côté des choses : l’élan de rassemblement historique, et les expressions de soutien international. Je suis trop réaliste pour imaginer que cette réaction extraordinaire aura quelque effet durable sur les vrais problèmes sous-jacents, mais pour quelques jours au moins, un nombre colossal de Français ont pu marcher, parler et pleurer comme un seul homme, et c’est suffisamment rare pour être savouré.

Ces sablés ont une allure étonnante, la saveur unique et envoûtante du sésame noir, et la texture délicieuse que je recherche toujours dans mes sablés, délicate et friable.

Comme beaucoup, il m’a semblé impossible d’écrire pendant que tout ça se déroulait — tout me paraissait tellement dérisoire — mais comme une amie me l’a dit généreusement, écrire sur la cuisine, la culture ou les voyages, ça permet d’amener des gens d’horizons différents à se comprendre et à se respecter, et c’est déjà quelque chose.

En tout cas, j’ai pensé qu’il était approprié de commencer l’année sur une note à la fois sombre et douce avec ces sablés au sésame noir. C’est une recette que j’ai créée pour ELLE à table, le magazine de cuisine qui accueille une rubrique bimensuelle de mon cru, et qui m’a donné l’occasion de chanter les louanges de la pâte de sésame noir dans le numéro des fêtes. Il s’agit d’une purée d’oléagineux comme le beurre de cacahuète ou la purée d’amande, fabriquée à partir de sésame noir torréfié et moulu. C’est onctueux et d’un noir brillant, et j’aime en garder un pot sous la main pour en glisser dans toutes sortes de préparations, principalement sucrées, ou bien l’étaler simplement sur ma tartine de pain au levain du matin.

Ces sablés ont une allure étonnante, la saveur unique et envoûtante du sésame noir que vient chatouiller une pointe de sel, et la texture délicieuse que je recherche toujours dans mes sablés, délicate et friable. Je suis consciente que ces qualités ne contribueront pas immédiatement à la paix dans le monde, mais si vous pouvez les partager et rendre la journée de quelqu’un plus douce, ce sera un pas dans la bonne direction.

PS : Une panna cotta au sésame noir, les irrésistibles sablés d’Yves Camdeborde, et la galette des rois que vous avez jusqu’à la fin du mois pour confectionner, avec peut-être votre propre pâte feuilletée simplifiée.

Sablés au sésame noir

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Le Meilleur de 2014

Bonne année ! J’espère que 2015 sera pour vous une année pleine de joies, petites et grandes, d’aventures excitantes, de rencontres enrichissantes, d’expériences inspirantes et bien sûr, de repas délectables. Cette année s’annonce particulièrement remplie pour moi — à commencer par la sortie de mon nouveau livre Veggivore chez Hachette début février — et j’ai hâte de vous reparler de mes divers projets.

Au moment où nous tournons la page 2014, je prends un moment pour me remémorer cette excellente année et ces quelques morceaux choisis :

Plus gros changement sur C&Z : Un tout nouveau design, dans lequel je me sens aussi bien qu’au premier jour, et le retour des fonds d’écran calendriers.

Lecture la plus édifiante : The Third Plate, par mon héros culinaire Dan Barber. Si vous lisez l’anglais, je vous recommande ce livre, remarquablement bien écrit, qui bouleversera votre perception de notre système alimentaire, sans culpabilité ni sensationnalisme.

Nouvel appareil préféré : Mon super griddler et ses plaques à gaufres, grâce auxquels je fais des tournées de croque-monsieur hebdomadaires et toutes sortes de gaufres, y compris ces diaboliques gaufres liégeoises.

Le cadeau comestible qui a fait le plus d’heureux autour de moi : ce chocolat au couteau clouté de granola à la cannelle.

Mon petit déjeuner préféré : du granola paléo avec yaourt maison et fruits de saison, suivi de près par ces biscuits sains aux flocons d’avoine.

Ma mise au vert préférée : louer une maison dans les Pyrénées ariégeoises avec quelques amis, et découvrir une petite enclave néo-hippie des plus sympathiques et des paysages sublimes et préservés.

Mes nouvelles adresses parisiennes préférées : Cuisine, Le Look, Peco Peco, Lockwood, Porte 12, Flesh et Bululu.

Maquereau au chalumeau chez Porte 12

Maquereau au chalumeau chez Porte 12

Meilleures reproductions maison d’un produit que j’achetais tout fait : les chips de kale vegan au « fromage », et les Figolu faits selon la recette de la Super Supérette.

Plus grande fierté pâtissière : ces madeleines parfaites.

Nouveaux snacks rapides préférés : des rouleaux de nori à l’avocat et au concombre et des noix de cajou grillées à la sauce de soja (pas en même temps, quoique).

Mes astuces de voyage préférées : jeûner contre le décalage horaire et comment constituer un kit minimaliste pour cuisiner en vacances.

Nouvelle habitude culinaire que je me suis efforcée d’adopter : la planification de nos repas.

Nouvelle façon de manger du vert : cette quiche de verdure aux noix.

Mon dîner de semaine préféré à préparer à l’avance : les falafels au four.

Mon classique revisité préféré : le clafoutis aux cerises à la farine de châtaigne.

Ma nouvelle soupe préférée : cette soupe ayurvédique de courge butternut et lentilles.

Ma nouvelle base de pâtisserie préférée : une pâte feuilletée simplifiée qui permet notamment de faire de divines tartes fines aux pommes.

Nouvelle façon de se faire cuire un oeuf : cette omelette à un oeuf très kid-friendly.

Ma façon préférée de cuisiner le brocoli : roussi !

Et vous ?

Qu’avez-vous lu, vu, vécu, goûté et adopté en 2014, et qu’est-ce qui vous a le plus marqué ?

Le mur végétal de la rue d'Aboukir

Le mur végétal de la rue d’Aboukir

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