Le Menu de l’espoir, 5ème édition

Menu for Hope

C’est aujourd’hui que débute la 5ème édition de l’opération Menu for Hope, à laquelle participent des blogueurs culinaires du monde entier : son but est de recueillir des fonds pour le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies, et plus précisément pour leur opération au Lesotho, qui permet aux élèves d’école primaire de prendre deux repas par jour à l’école. C’est pour ce même programme que nous avons récolté 91.188$ l’année dernière.

Cette collecte de fonds fonctionne à la manière d’une tombola virtuelle : chaque don de 10$ vous donne droit à un ticket de tombola qui représente une chance de gagner le lot de votre choix parmi ceux proposés par les blogueurs participants. L’opération se termine le 31 décembre, et les résultats du tirage au sort seront publiés en janvier. Les blogueurs enverront alors leurs lots aux heureux gagnants, et les fonds récoltés seront versés au Programme Alimentaire Mondial.

J’ai trois lots à vous faire gagner cette année :

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Gâteau au pavot sans farine

Gâteau au pavot sans farine

Mon four et moi traversons actuellement une zone de turbulence, et je crains que nous n’en sortions pas indemne.

Voyez-vous, il se comporte de façon caractérielle depuis le début de l’automne, et s’il y a une chose dont je me passerais bien, c’est d’un four lunatique : un four qui met des années à préchauffer, qui s’arrête quand ça lui chante, refuse de se remettre en marche, ou brûle ce qu’on a le malheur de mettre un peu trop dans le fond. Ah oui, et j’allais presque oublier : un four qui choisit de fonctionner comme si de rien n’était en sifflotant lorsque le réparateur vient l’examiner*. Espiègle, non ?

A en juger par la quantité de jurons et de larmes de frustration que cette situation a engendrés, cela peut paraître héroïque, ou alors complètement inconscient, de tenter de faire un gâteau pour des invités. Mais les grand-parents de Maxence venaient prendre le thé ce dimanche-là, ils fêtaient chacun leur anniversaire, et j’avais en ligne de mire le cake au pavot sans farine de Lilo — autant de bonnes raisons de braver les frasques de mon four.

Je précise tout de même que Maxence est allé acheter un assortiment de macarons, histoire de parer à toutes les éventualités.

J’ai réduit les quantités dans la recette de Lilo pour utiliser les quatre oeufs que j’avais sous la main (au lieu de cinq), et je l’ai modifiée pour y mettre moitié beurre, moitié purée d’amande, et un peu moins de sucre. J’ai aussi aromatisé le gâteau avec le zeste d’une orange (plutôt que du sucre vanillé) et omis la levure, qui ne me semblait pas indispensable (les oeufs en neige suffisent à faire gonfler le gâteau). Enfin, je l’ai fait cuire dans le moule en forme de coeur que je tiens de ma grand-mère, et comme la pointe du coeur a un peu trop bruni (la faute à qui ?), j’ai rapidement improvisé un glaçage à l’orange en guise de camouflage (qui n’a d’ailleurs pas tout à fait pris comme il aurait dû ; je n’ai pas eu le temps de laisser le gâteau refroidir complètement avant de le glacer).

Sensible peut-être à l’importance de l’occasion, mon four m’a à peu près épargné ses sautes d’humeur (il ne s’est arrêté qu’une ou deux fois pendant que le gâteau cuisait) et nous avons pu apprécier ce gâteau merveilleusement parfumé, fin et moelleux, et dont les graines de pavot vous crépitent sous la dent à chaque bouchée, comme le frizzy pazzy en son temps.

Permettez-moi ce petit conseil d’ami, surtout si vous envisagez d’apporter ce gâteau au goûter de Noël de votre bureau, ou toute autre configuration sociale délicate : une fois que vous aurez fini votre part, éclipsez-vous et allez donc rectifier votre sourire dans le miroir le plus proche. La graine de pavot aime à se nicher dans les plus petits interstices bucco-dentaires.

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Chou-fleur rôti au safran

Chou-fleur rôti au safran

Faire rôtir les légumes d’été est assez intuitif pour la plupart des gens, je crois, mais tout le monde n’a pas le réflexe de faire de même avec leurs confrères hivernaux. C’est dommage, parce que c’est un traitement qui fait le plus grand bien aux légumes-racine et aux courges, mais aussi au brocoli et au chou-fleur.

On obtient des petits bouquets de chou-fleur rôti dorés, si bons, si parfumés, que l’on peut être tenté de les mettre dans un grand bol et de se les descendre devant un bon film.

Voici donc un moyen délicieux et enfantin de faire cuire le chou-fleur, en l’habillant au préalable de ras el hanout — une vraie baguette magique, ce mélange d’épices marocain — et d’un soupçon de safran.

L’élégance de ces épices — je ne suis sûrement pas la seule à trouver que le safran, c’est hyper glamour — et la cuisson au four atténuent le côté acerbe du chou-fleur qui en chiffonne certains. On obtient des petits bouquets de chou-fleur rôti dorés, si bons, si parfumés, que l’on peut être tenté de les mettre dans un grand bol et de se les descendre devant un bon film (ça s’est vu).

Si toutefois on fait preuve d’un peu de retenue, on les servira en accompagnement d’un magret de canard, d’un filet mignon de porc, ou, le printemps revenu, d’une épaule d’agneau. Et comme le chou-fleur ainsi préparé est aussi agréable chaud que tiède, c’est une idée à considérer pour les repas de fête.

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Fromage végétal « cru » aux noix de cajou

Fromage de cajou

Il n’y a pas beaucoup plus omnivore que moi, mais je m’intéresse vivement à l’assiette de ceux qui empruntent — par choix ou par obligation — un autre chemin*, qu’il soit végétarien, végétalien, crudivore ou sans allergène.

La raison pour laquelle ça m’intéresse tant, c’est que s’alimenter sous de telles contraintes oblige à penser la cuisine autrement, à dénicher de nouveaux ingrédients ou à voir les anciens sous un jour différent, et à imaginer de nouvelles techniques, recettes et préparations qui viennent enrichir le répertoire potentiel de tous les autres mangeurs, pour peu qu’ils soient assez curieux pour les goûter.

Comme je rentrais à Paris le soir même, j’ai aussi commandé un wrap à emporter, que j’ai mangé tranquillement dans l’avion, pendant que ma voisine découvrait le contenu de son plateau-repas avec un désespoir palpable.

Lorsque j’étais à Los Angeles au printemps dernier à l’occasion de la sortie de mon guide de Paris, j’ai été ravie d’avoir enfin l’occasion d’aller chez Real Food Daily, un restaurant végétalien dont j’avais appris l’existence il y a quelques années, par le biais du livre de cuisine du même nom.

J’y ai déjeuné avec bonheur d’un sandwich Ciao Bella et d’un grand verre de jus frais. Et comme je rentrais à Paris le soir même, j’ai aussi commandé un wrap à emporter, que j’ai mangé tranquillement dans l’avion, pendant que ma voisine découvrait le contenu de son plateau-repas avec un désespoir palpable.

Une fois à la maison, j’ai rouvert ledit livre et, en le feuilletant avec un oeil neuf, j’ai remarqué une petite recette qui m’a téléportée du canapé à la cuisine, un phénomène que les amateurs de livres de cuisine connaissent bien.

C’était une recette de fromage de noix de cajou, une sorte d’alternative végétalienne au fromage frais classique. L’idée était exaltante, le procédé enfantin, et j’avais de plus tous les ingrédients sous la main.

Il a fallu patienter un peu avant de goûter le résultat, puisque la recette demande de faire tremper les noix de cajou pendant deux heures, puis laisser reposer le « fromage » une journée, mais tout vient à point à qui sait attendre.

Ceux d’entre nous qui mangent du vrai fromage à chaque repas de façon régulière mais modérée s’accorderont à dire qu’il s’agit ici d’une interprétation assez libre de la notion de « fromage, » quoique la texture rappelle un peu celle de la ricotta maison.

Mais c’est surtout un délice à part entière, une tartinade mousseuse et délicatement sucrée que nous avons appréciée sur de la baguette, sur des oatcakes anglais, et dans des sandwiches de pita. Et si vous préférez aller au bout de l’approche crudivore, vous pouvez en garnir des crackers aux graines déshydratés.

* Vous aussi, ça vous met la chanson de Goldman dans la tête ?

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Barres banane et chocolat pour le petit déjeuner

Barres banane chocolat pour le petit déjeuner

Lorsque Heidi a évoqué il y a quelques mois les cookies bons pour la santé de son amie Nikki, mon sang n’a fait qu’un tour, et je me suis empressée de punaiser la recette au tableau de liège de mon esprit*.

Et dès que je me suis trouvée en possession de quelques bananes en fin de vie (certains m’accuseront peut-être de les avoir laissées brunir intentionnellement, mais ce n’est que calomnie), je n’ai pas hésité longtemps sur la meilleure façon de les mettre à profit.

J’ai fait quelques modifications à la recette d’origine : 1- j’ai utilisé du beurre d’amande complet plutôt que de l’huile de noix de coco, que je n’avais pas sous la main. 2- J’ai diminué la quantité de chocolat, ce qui peut paraître inouï quand on me connaît un peu, mais je me suis simplement arrêtée quand il m’a semblé qu’il y en avait assez. 3- Je n’ai pas mis de cannelle, parce que je ne suis pas fan du couple qu’elle forme avec la banane. 4- Je n’ai pas mis de levure non plus : comme il n’y a pratiquement pas de gluten dans la recette**, je ne voyais pas bien à quoi elle pouvait servir.

Ah oui, et au lieu de former des petits cookies, j’ai simplement versé la pâte dans un plat à four rectangulaire, et coupé le tout en carrés après cuisson, à la manière des bars américaines*** : d’abord parce que c’est plus facile, ensuite parce que je savais qu’il nous faudrait quelques jours pour tout manger, et comme il n’y a pas beaucoup de matière grasse dans la recette, découper les parts au fur et à mesure permettrait de conserver une consistance moelleuse.

La beauté de ces barres végétaliennes, c’est qu’elles s’appuient sur le pouvoir sucrant des bananes, à l’exclusion de tout sucre ajouté, tandis que le chocolat noir et la noix de coco achèvent de les parfumer. On obtient des petits gâteaux modérément sucrés mais très goûteux, dont on peut se délecter au petit déjeuner — ils se marient bien avec des clémentines — sans craindre la chute de glucose (et l’humeur de grizzli qui va avec) en milieu de matinée.

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* En vrai, pour organiser mes notes, mes listes et mes recettes, j’utilise l’application Notebook pour Mac OS X.

** Les flocons d’avoine ne contiennent pas de gluten en théorie, mais il peut y en avoir des traces dans ceux que l’on trouve dans le commerce s’ils passent sur les mêmes machines que d’autres céréales. Si vous suivez un régime strictement sans gluten, assurez-vous que vos flocons d’avoine sont bien certifiés comme tel.

*** Les bars sont une catégorie de pâtisserie très populaire outre-Atlantique : on fait cuire la pâte (généralement peu ou pas levée) dans un moule carré ou rectangulaire, et on la détaille ensuite en parts individuelles, elles-mêmes carrées ou rectangulaires. Le brownie en est l’exemple le plus exporté, mais on peut citer aussi les blondies, lemon bars, date squares, et autres Rice Krispie treats.

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